Zéro Phyto. Trois établissements scolaires quimpérois primés

Christian Toux, du lycée de Cornouaille, considère qu’il faut « sortir des schémas traditionnels » en matière de gestion des espaces verts.

Christian Toux, du lycée de Cornouaille, considère qu’il faut « sortir des schémas traditionnels » en matière de gestion des espaces verts.

Depuis dix ans, la Région Bretagne encourage les villes à bannir définitivement l’usage de produits phytosanitaires dans l’entretien de leurs espaces verts. Un label a été créé à cet effet : Zéro Phyto. Sur huit établissements scolaires primés cette année, trois sont quimpérois : le lycée de Cornouaille, le lycée polyvalent Yves-Thépot et l’Établissement régional d’enseignement adapté (Erea) Louise-Michel.

« Il a fallu réinventer les espaces verts car avant, nous étions sur des schémas traditionnels où l’on faisait table rase avec des produits comme le glyphosate. Maintenant, c’est terminé et c’est tant mieux », explique Christian Toux, responsable des espaces verts au Lycée de Cornouaille depuis 9 ans. Dès son arrivée, il a supprimé l’usage d’herbicide. Un sacré défi car l’établissement se situe sur un terrain de 8,5 ha comprenant un bois de 6 hectares, celui du Séminaire. Poumon vert caractéristique de Quimper, la nature y reprend très vite ses droits. « Je suis là pour maîtriser la nature et non pas l’obliger à faire quelque chose », rappelle-t-il. En raison des mesures relatives à la protection des espaces scolaires, mises en œuvre depuis décembre 2015, suite aux attentats, l’espace auquel peuvent accéder les élèves, au Lycée de Cornouaille, est plus restreint. Ils ne sont pas supposés pénétrer dans une grande partie du bois. « Mais, il ne faut pas se leurrer, ils y vont. Alors mon devoir est d’assurer la sécurité afin d’éviter les chutes de branches d’arbres pourries qui pourraient blesser quelqu’un. À part ça, un bois reste un bois, il faut que l’écosystème fonctionne avec une intervention minime de la main de l’homme », dit-il.

Préconisations du conseil régional

Les nouvelles formes d’approches de la gestion des espaces verts, d’une façon bien plus écologique, ne permettent plus que tout soit absolument propre, qu’un pissenlit ne pousse plus dans l’interstice d’un caniveau ou à l’angle d’un trottoir. Cependant certains comme Jacques Roudaut, gestionnaire du lycée Chaptal, où les espaces verts représentent trois hectares environ, affirment préférer les places nettes. « Personnellement, j’aime les jardins propres et paysagers. Dans ses préconisations, le conseil régional demande de laisser des espaces avec un minimum d’entretien. Nous avons donc choisi de mettre ces espaces sauvages au fond de l’établissement là où ils ne sont pas visibles, explique-t-il. Nous n’utilisons plus de substances toxiques dans l’entretien depuis un an ou deux. Nous préférons la mécanique humaine, les outils adaptés ». Même chose à l’Erea Louise-Michel. « Notre jardinier utilise le désherbeur thermique ou la binette, ce qui demande un peu plus de travail », indique Michel Léal. La gestion différenciée est favorisée sur les 7 790 m² d’espaces verts de l’établissement « Depuis cette année, l’établissement a aménagé un petit jardin avec des légumes, des herbes aromatiques et un composteur ».

Rappelons enfin que, depuis le 1er janvier 2019, il est désormais interdit aux jardiniers amateurs, sous peine d’amendes et également de prison, de « détenir, de stocker et d’utiliser » des produits contenant du glyphosate. Ces pesticides chimiques ne doivent être jetés ni à la poubelle, ni dans les canalisations. Ils peuvent être déposés en déchèterie ou dans des points de collecte EcoDDS.

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Source Télégramme Quimper

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