Quimper : Gurvan Robert, un artiste de l'ombre qui tire des feux d'artifice

Gurvan Robert a déjà tiré des feux d’artifice à Douarnenez. (©Pyro.photo) Samedi 13 juillet 2019, il a tiré le feu d’artifice de la Fête nationale à Creac’h Gwen à Quimper (Finistère). Gurvan Robert, 41 ans, était alors chef de tir ou responsable de chantier. « Ça tourne, raconte-t-il. On est tous artificier mais pour chaque feu, il y a un chef différent. »  Ça fait maintenant quatre ans qu’il travaille pour la société Féérie basée à Nantes. Un métier passion Artificier n’est pas son métier principal car des feux, il n’y en a pas assez dans l’année. Une trentaine environ. Et quand les feux sont rangés au placard, Gurvan Robert est commercial. Il n’y a pas assez de spectacles pour que tout le monde ait suffisamment de boulot et ne fasse que ça. Peu en vive. C’est surtout des contrats à la mission ou à la journée. Cette passion, il la tient de son père, ancien pyrotechnicien dans sa ville natale, Vitré. « J’étais curieux. Alors quand j’étais enfant, j’allais voir quand mon père tirait des feux d’artifice. Ça m’a plu, j’ai tout de suite accroché. Il faut vraiment être passionné car on se lève tôt le matin et on finit tard le soir. Mais ça permet aussi de voyager », raconte-t-il.  Dubaï, le Vietnam… Si la plupart du temps, il couvre le Grand Ouest français (Quimper, Douarnenez, Brest…), Gurvan Robert a déjà décroché des contrats à Dubaï, au Vietnam, en Algérie ou encore au Danemark. À Dubaï, c’était à l’occasion du Nouvel an. Tout était dans la démesure. Il y avait un budget de fou et une quantité de produits. C’est une vraie satisfaction personnelle même si j’ai énormément de plaisir à organiser des feux sur de plus petits terrains. Dans tous les cas, dès que les gens applaudissent, on est content. C’est pour ça qu’on fait ça. On est des artistes de l’ombre. Comment ça marche ? Avant de commencer à parler technique, il faut savoir qu’il existe 4 grandes catégories de produits : L’embrasement : il donne une fumée de couleur à l’instar d’une fusée de détresse. Le compact : il s’agit d’un assemblage de tubes comme ce qu’on peut trouver dans les magasins. L’effet reste au sol. La chandelle : elle rassemble plusieurs effets dans un seul tube. Quand celui-ci prend feu, les effets sont projetés en l’air à moyenne altitude les uns après les autres. La bombe : vous l’aurez compris, la dernière et pas des moindres, projette les effets du feu en haute altitude, jusqu’à 250 mètres au-dessus du sol. Une bombe égale la taille d’un ballon de basket. Une fois que Gurvan Robert connait le thème musical et le budget du client, la partie artistique peut commencer. En général, tout est programmé par informatique. 90 % des feux sont accompagnés de musique. La bande son est insérée dans un logiciel avant de synchroniser les produits avec la musique. Les artifices sont associés à des jeux de son et de lumière. (©Pyro.photo) Arrivé sur le site, il entame les branchements des artifices. Selon la taille du feu, ça peut prendre une demi journée comme deux mois à Dubaï par exemple. Pour activer le tir, il suffit d’appuyer sur un bouton pour déclencher tous les feux synchronisés en amont. On va faire en sorte qu’une bombe pète sur une note un peu forte et l’embrasement sur un son plus calme comme ce n’est que de la fumée. Il faut coller au rythme de la musique. Auparavant, les petits feux étaient tirés à l’aide d’un chronomètre. « On essaye d’être le plus précis et le plus professionnel possible. On va donc privilégier l’informatique », indique-t-il. Gurvan Robert insiste sur le fait que le plus important n’est pas la durée du feu d’artifice mais bien sa qualité. Une fois qu’on a la tête dans les étoiles, on n’a plus la notion du temps. Sécurité avant tout Pour devenir pyrotechnicien, il faut suivre une semaine de formation pour apprendre la technique et les mesures de sécurité. Tout le monde part de la même formation. La différence se fait avec l’expérience. Sur le terrain, un périmètre de sécurité est installé autour des artifices pour que les spectateurs ne s’en approchent pas.  Pour les petits feux, il faut être au minimum deux par mesure de sécurité. « On ne laisse jamais un artificier seul, » précise-t-il. « Pour les plus grands feux, on est une grosse équipe. Ça peut être très impressionnant. » À Quimper, ils étaient six. C’est dangereux, ça reste des explosifs. En fonction de la taille du produit, on peut se faire brûler, perdre un bras ou pire. Après la fin d’un feu, une durée de sécurité de 30 min est mise en place. Personne ne doit alors s’en approcher, pas même les professionnels. C’est ainsi qu’ils s’assurent que tous les produits ont été déclenchés.  C’est arrivé qu’on ne soit pas passé loin de l’accident. On était en train de faire le tour du terrain quand une bombe est partie. Je n’étais pas loin mais heureusement il n’y a eu aucun dégât. Les produits en carton sont privilégiés afin que les retombées soient moins polluantes. Une fois la beauté du spectacle terminée, il ratisse le terrain des derniers débris. « On essaye de laisser propre derrière nous. Ça fait partie du boulot », conclut-il. Où voir un feu d’artifice pour le 15 août ? Mercredi 14 août 2019 : À l’île-Tudy, place de la Cale À Rosporden, au centre culturel À Scaër, à Loge Gaor, route de Bannalec Jeudi 15 août : À Quimper, au pont de la cale Saint-Jean À Fouesnant, à Mousterlin Samedi 17 août : À Pont-Aven, au port À Moëlan-sur-Mer, sur la plage de Kerfany Dimanche 18 août  : À Concarneau, au quai Nul

Source: Cote Quimper
Quimper : Gurvan Robert, un artiste de l'ombre qui tire des feux d'artifice

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