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Qu’est-ce que la “Ligue du LOL”, qui a entraîné la mise à pied de plusieurs journalistes pour cyberharcèlement ?

Les membres de ce groupe harcelaient leurs victimes, notamment sur Facebook et Twitter. © Maxppp – SIMON DAVAL

Plusieurs journalistes, qui pour certains occupent des postes à responsabilité, ont été mis à pied par leur hiérarchie ces dernières heures. Tous ont fait ou font encore partie de la "Ligue du LOL", un groupe Facebook privé. Ils sont accusé d'avoir mené des campagnes de cyberharcèlement contre des personnes, pour la plupart des femmes, journalistes, auteures ou blogueuses, dont plusieurs féministes, entre 2009 et 2012. L'affaire a éclaté ce week-end, et plusieurs journalistes ont été mis à pied ce lundi.

Qu'est ce que la "Ligue du LOL" ?

C'est un article du site de Libération Checknews, vendredi, qui a révélé l'existence de ce groupe Facebook privé, regroupant une trentaine de journalistes, communicants, publicitaires ou encore graphistes. Ils sont accusés d'avoir harcelé sur les réseaux sociaux d'autres journalistes et blogueurs, notamment des femmes et des militantes féministes, très suivis comme eux sur Twitter, à l'époque où le réseau n'avait pas encore la popularité d'aujourd'hui.

Qui sont ses membres ?

Dans ce groupe, son créateur, Vincent Glad, qui collabore actuellement à Libération, Alexandre Hervaud, chef du service web du quotidien, Christophe Carron, rédacteur en chef chez Slate.fr, ou encore Olivier Tesquet, journaliste à Télérama. Les podcasteurs Heny Michel et Sylvain Paley, entre autres, en ont également fait partie, tout comme Stephen des Aulnois, fondateur du "magazine en ligne de culture porno" Le Tag Parfait, ou le youtubeur Guilhem Malissen.

De quoi sont accusés ses membres ?

Plusieurs victimes ont publié des témoignages, souvent glaçants, sur les réseaux sociaux ce week-end, pour raconter ce qu'elles avaient subi. Parmi elles, la Youtubeuse Florence Porcel a raconté qu'outre un "harcèlement en groupe sur Twitter", et un canular téléphonique humiliant mis en ligne, dans lequel l'un d'eux se faisait passer pour un recruteur, les harceleurs étaient venus "physiquement" la voir sur son lieu de travail. David Doucet, journaliste aux Inrocks, a finalement reconnu qu'il était l'auteur du canular.

Le blogueur Matthias Jambon-Puillet a raconté dans un texte publié sur le site Medium, des insultes anonymes sur lui et son travail, des "enregistrements sarcastiques", et des photomontages, dont un montage pornographique envoyé en son nom à des mineurs.

L'ex-journaliste Capucine Piot a, pour sa part, raconté avoir été la cible de montages photo ou vidéo "moqueurs", des critiques récurrentes sur son apparence "pendant des années", évoquant un véritable "travail de sape". "Ça a été très dur dans ma construction de jeune femme", a-t-elle tweeté. "Tout ça de façon régulière, gratuite, et entraînant tout un tas de twittos dans leur sillage malsain et dévastateur." Elle a également révélé qu'un des proches du groupe avec qui elle avait eu une relation lui avait fait croire, après coup, qu'il avait le sida, pour lui faire peur.

La militante Daria Marx, qui lutte contre la grossophobie, a également révélé avoir été victime du groupe. "Pendant plusieurs années sur Twitter, moi et d’autres copines féministes, on a été la cible de ces petits mecs parisiens qui se foutaient de notre gueule", a-t-elle raconté à Libération. "J’étais grosse, donc je n’avais pas le droit à la parole." Un jour, l’un des membres de cette ligue a pris une image porno d’une nana grosse et blonde qui pouvait vaguement me ressembler et a commencé à faire tourner l’image sur Twitter en disant qu’il avait trouvé ma sextape."

Plusieurs journalistes mis à pied

Ce lundi, le journal Libération, qui a révélé l'existence du groupe, a annoncé la mise à pied "à titre conservatoire" de ses journalistes Alexandre Hervaud et Vincent Glad, respectivement membre et fondateur de la "Ligue du LOL". À Libération, "on va mener une enquête interne pour voir ce qu'il en est exactement, ils sont suspendus à titre conservatoire le temps de cette enquête", a indiqué le directeur adjoint de la rédaction, Christophe Israël. Le site Brain Magazine a également annoncé qu'il suspendait sa collaboration avec Vincent Glad.

Une source proche du magazine Les Inrocks a annoncé la mise à pied à titre conservatoire du rédacteur en chef web, David Doucet, en vue d'un licenciement, pour les mêmes motifs. Le journaliste avait admis avoir pris part à "deux canulars téléphoniques".

Stephen des Aulnois, fondateur du "magazine en ligne de culture porno" Le Tag Parfait, a annoncé quitter son poste de rédacteur en chef.

Le site de podcast Nouvelles écoutes a également annoncé avoir mis fin à sa collaboration avec Guilhem Malissen.

Les membres tentent de s'excuser

Plusieurs membres de cette "Ligue du LOL" ont tenté de s'expliquer. Le fondateur du groupe, Vincent Glad, collaborateur de Libération, a d'abord déclaré :"Je m'en excuse auprès de tous ceux qui ont pu se sentir harcelés, mais je ne peux pas assumer moi-même toutes les conneries qu'ont pu faire des gens à l'époque sur Internet". Il a fini par faire son mea culpa : "Je ne peux que constater que je me suis profondément trompé", a-t-il écrit dimanche. "On parlait de trolling, c'était du harcèlement. Je n'ai pas vu que nous avions fait taire, avec nos blagues, les premières paroles féministes quand elles sont apparues sur les réseaux vers 2011-2012 (…). Cette parole féministe nous paraissait ridicule (…). Je m'en suis moqué comme je me moquais de tout."

Alexandre Hervaud, le chef du service web de Libération, a aussi présenté ses excuses.

"J'ai vu que certaines personnes étaient régulièrement prises pour cible mais je ne devinais pas l'ampleur et les traumas subis", a écrit David Doucet, rédacteur en chef web des Inrocks, qui a admis "deux canulars téléphoniques", dont celui qui a visé la youtubeuse Florence Porcel. Je mesure aujourd'hui la dégueulasserie de ces actes", écrit-il, tout en niant avoir jamais "réalisé de photomontages" ou "pratiqué de raids".

Se défendant d'avoir "nui socialement ou professionnellement" à quiconque, le rédacteur en chef de Slate Christophe Carron s'est lui aussi excusé sur Twitter. Il a précisé que son site couvrirait l'affaire "sans s'interdire aucun angle", et sans qu'il ne prenne part à la supervision des articles.

Plusieurs membres de cette "Ligue" ont évoqué, comme excuse, le climat de Twitter à ses débuts: "Ça correspondait à une époque où il était de bon ton de faire de l'humour noir, des blagues oppressives (…) j'ai voulu faire le malin alors qu'en fait j'étais con", a tweeté le youtubeur Guilhem Malissen.

Le gouvernement réagit et soutient les victimes

Deux membres du gouvernement ont réagi à cette affaire : Marlène Schiappa, la secrétaire d'État chargée de l'Égalité entre les femmes et les hommes, a rappelé qu'une loi condamnait désormais le cyberharcèlement et a évoqué la possibilité d'étudier l'allongement des délais de prescription (les faits sont prescrits).

"Cette #LigueDuLOL, c'est l'histoire de losers, des mecs qui se gargarisaient de pouvoir se moquer d'autres personnes. Sauf que ces moqueries ont eu un impact dans le réel", a aussi condamné le secrétaire d'État au numérique Mounir Mahjoubi, dimanche sur BFMTV.

Source France Breizh Izel

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