Photo. « Apprendre à faire le deuil d’une image »

Pascal Pérennec, au milieu des stagiaires dans le hall d’exposition.

Pascal Pérennec, au milieu des stagiaires dans le hall d’exposition.

« Photographier, choisir, écrire » : c’est le thème du stage photo lancé par le Musée des Beaux-Arts avec Pascal Pérennec, en prolongement de l’expo Doisneau. Le résultat est à découvrir jusqu’au 22 avril.

« Je suis jaloux, je n’ai jamais moi-même exposé au musée ». Pascal Pérennec n’a pas manqué, samedi, de rappeler l’importance du mur de photos petit format qui accueille les visiteurs dans le couloir du rez-de-chaussée du Musée de Beaux-Arts de Quimper. Des photos qui côtoient celles de l’exposition Doisneau dans la salle voisine.

Si aucune des images n’est du photographe quimpérois, son art a tout de même été transmis aux six stagiaires qu’il a accompagnés pendant un jour, début février, de la prise de vue au choix difficile des images pour une série exposée. « Dans le cadre de l’exposition Doisneau, il était important pour nous d’avoir une ouverture sur la pratique et le regard d’un photographe contemporain, d’où l’organisation de ce stage », commente Sophie Kervran, conservatrice.

Déambulation photographique

Les six premiers inscrits, Kasia, Diane, Christine, Sylvie, Gisèle et Nicolas ont donc participé à l’aventure. « J’ai appliqué avec eux ce que je fais dans mon travail », dit Pascal Pérennec. L’exercice de départ était simple. Dans l’esprit de déambulation qu’affectionnait Doisneau, les photographes amateurs ont réalisé les prises de vues la matinée du 2 février sur un itinéraire allant de la gare au théâtre de Cornouaille, avec un passage obligé dans le Musée des Beaux-Arts. Diane a été « attirée » par l’angle d’un bâtiment, Nicolas par la couleur verte : des points de vue qui ont beaucoup évolué au final, la dynamique de la série imposant son tempo à l’image isolée.

« Oublier l’affectif »

« Ils avaient entre 30 et 50 images à faire, sans rien jeter, dit Pascal Pérennec. C’est un travail dans la contrainte, l’exigence, qui oblige à réfléchir à ce que l’on veut montrer et pourquoi, avant d’appuyer. Il leur fallait oublier l’affectif de la prise de vue pour avoir un regard froid, en se demandant : est-ce que cela fonctionne en photo ? Je voulais voir les mauvaises photos, pour expliquer comment une bonne image arrive, comment on les réunit. Il y a eu un choix collectif pour apprendre à jeter et à garder. Il leur fallait apprendre à faire le deuil d’une image pour aller vers une écriture où l’on devait justifier la place de chaque image. Il faut pouvoir discuter les choix, pas le fait que cela a été des choix. Il n’y a pas de vérité mais une subjectivité et aussi une méthode ».

Le résultat capte le regard. La mise en forme sur les murs de cinq ou six photos pour chaque stagiaire, donne à voir la réflexion, l’intention qui a guidé cette journée de prises de vues, d’échanges collectifs, de choix et d’écriture photographique. « Leur niveau était excellent. Vous avez fait des images que je n’avais jamais vues, » les a félicités le maître de stage qui salue « une rencontre artistique et humaine ».

Pratique
Exposition visible au Musée des Beaux-Arts jusqu’au 22 avril.

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Mode nuit… Article original

Source Télégramme Quimper

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