Quimper en Cornouaille

Le Blog de Louis MENARD

Louis MENARD
Quimper

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Une dizaine de personnes participent à ce stage. (©Côté Quimper) Les affaires de stupéfiants, de conduites en état d’ivresse, c’est le quotidien au tribunal correctionnel de Quimper (Finistère). C’est de là qu’est partie notre enquête sur la consommation de cocaïne, élargie à tout le Sud-Finistère.  Lire aussi : Cocaïne à Quimper : la consommation s’est-elle banalisée ? Parmi les peines prononcées par la justice, il peut y avoir l’obligation de faire un stage. Ce mardi-là, ils sont 12, dont une seule femme. Tous ont été condamnés pour conduite sous l’emprise d’alcool et/ou de stupéfiants… Pendant deux jours, ils suivent à Quimper le module d’information et de sensibilisation relatif à la consommation d’alcool et/ou de produits stupéfiants et ses incidences sur la sécurité routière. Frédéric Brault, conseiller pénitentiaire au Service pénitentiaire d’insertion et de probation, est l’un des intervenants : Pour la plupart, c’est une obligation. Il ne s’agit pas d’un groupe thérapeutique. L’objectif est qu’ils prennent conscience de la dangerosité de ces produits sur la conduite et, donc, d’éviter la récidive. Lire aussi : Cocaïne à Quimper : sa consommation occasionnelle lui coûte cher Les différents degrés de dépendance Lors de la première journée, les stagiaires ont échangé avec une infirmière du Centre de soins d’accompagnement et de prévention en addictologie (Csapa) et le juge d’application des peines. Ce mardi matin, un pompier leur a exposé les risques routiers. Corinne Guillaume intervient cet après-midi-là sur les différents degrés de dépendance, les usages, les incidences sur le quotidien…  Elle est chargée de prévention à l’Association nationale de prévention en alcoologie et addictologie. La professionnelle de l’Anpaa répète à plusieurs reprises :  La toxicomanie (NDLR dépendance aux stupéfiants mais aussi à l’alcool) est la rencontre entre un individu, un produit et un contexte. Plus le consommateur est fragile, plus le produit l’aide à diminuer son stress, à se sentir mieux en société, à envisager l’avenir plus sereinement… Les stagiaires acquiescent en silence. Lire aussi : Cocaïne à Quimper : l’expérience tentée de plus en plus jeune, selon le docteur Stéphane Billard Dépénaliser le cannabis ? Les remarques fusent dès que Corinne Guillaume aborde le sujet du cannabis et ses incidences sur la conduite et la vie en général. La discussion dévie rapidement sur le sujet de la dépénalisation. Visiblement, une grande partie des stagiaires y est favorable. « Le cannabis est nettement moins dangereux que l’alcool », lance Denis*qui est parfaitement informé sur tous les stupéfiants. « C’est complètement hypocrite de la part de l’Etat de l’interdire », abonde Jean-Pierre*. Corinne Guillaume essaye de canaliser les échanges : Ok, admettons que le cannabis soit dépénalisé. Est-ce qu’il faudrait encadré la conduite sous cannabis ? Les stagiaires s’accordent alors sur la nécessité de mettre un taux, comme pour l’alcool. Corinne Guillaume enchaîne sur les différents produits et leur durée de positivité dans le sang, les urines, la salive. « Le LSD est indétectable, coupe Kevin*. Mais bon, c’est chaud de conduire sous LSD. J’ai déjà testé. » La parole est libre. Les intervenants parviennent néanmoins à faire passer leurs messages. A Quimper, quatre modules sont proposés chaque année. Ils sont également organisés à Brest et Morlaix par la Justice.  Corinne Guillaume intervient pour l’Anpaa. (©Côté Quimper) Corinne Guillaume intervient auprès d’autres publics pour le compte de l’Anpaa. Dans le milieu scolaire, elle sensibilise les enseignants volontaires. « Auparavant, nous rencontrions les jeunes mais l’Agence régionale de santé veut désormais que nous nous adressions aux profs qui sont, il est vrai, en première ligne face aux jeunes. » Des policiers, gendarmes, associations d’anciens toxicomanes interviennent toujours auprès des collégiens et des lycéens. Stupéfiants et festivals L’Anpaa échange toutefois beaucoup avec les jeunes à l’occasion de manifestations festives, comme les Gras de Douarnenez, les Vieilles Charrues… Nous ne sommes pas là pour les sermonner. Nous sommes là pour informer et éviter le sur-risque car l’alcool ou les stupéfiants sont présents sur ce type d’événements.  Corinne Guillaume et ses deux collègues en charge de la prévention sensibilisent aussi les associations étudiantes. Les entreprises sollicitent également l’Anpaa. « Le risque concerne surtout l’alcool sur les postes dits à risques : conduite, travail en hauteur, port de charge lourde… Plus un métier est pénible, plus il y a un risque de consommation. De plus en plus d’entreprises réfléchissent à un plan de prévention », assure Corinne Guillaume. Certains secteurs sont particulièrement exposés : le bâtiment, la restauration, la pêche… Lire aussi : Cocaïne à Quimper : les marins-pêcheurs souvent stigmatisés *Les prénoms ont été modifiés pour préserver l’anonymat.

Source: Cote Quimper
Cocaïne à Quimper : immersion dans un stage de prévention de la récidive

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